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Les mots du
Fou
: Aliénation,
néant,
rien, tout, zéro, vide, infini, hors norme, hors jeu, le double de
l'Ego, O, folie, absurdité, abîme sans fond,
Les symboles
du Fou :
Les génies qui ont
dessiné le Tarot se plaisaient aux contrastes. Ils avaient
du comprendre aussi que nous sommes fait de contrastes incommensurables
et incontournables. Après le Bateleur juvénile, les yeux pétillants de
malices et les gestes alertes, ils ont placé cette Papesse assise et
enveloppée de mystère... Je me suis longtemps demandé pourquoi...
Le bateleur est
en extase. Il a participé de toute son âme, de tout son être au Grand
Oeuvre en suivant pas à pas les enseignements du chemin initiatique qui
lui a ouvert toutes les portes et il se sent beaucoup plus fort à présent.
Il se sent accompli. Son temple intérieur est achevé. Il a su se
construire. Mais ce n'est pas terminé, il doit encore rencontré le Fou qui
l'attend.
Le Bateleur
observe : Il arrive donc devant le Fou qui a l'air de fuir avec son
baluchon. Quel farceur ! si je veux l'observer il me faudra le suivre.
Quel grossier personnage ! Quel rapport peut-il exister entre ce fou et
tous les être sensés que j'ai croisé jusque là ? Il est d'un ridicule
! Voyant, exubérant et impoli en plus ! Il ne daigne même pas me regarder,
me féliciter au moins, moi, le Bateleur Initié de qualité. Il a l'air si
pommé, je pourrais l'aider avec tout ce que je sais aujourd'hui. Il a
l'air si désabusé que je me demande même s'il est humain... Son cou
ressemble a un serpent, son nez fait penser à un groin de cochon et
ses dents celles d'un singe. Il a l'air pressé. Mais où va-t-il ? Il a
juste eu le temps d'enfiler ses chaussures et de se culotter ! et un
lynx rouge et blanc au regard perçant qui ressemble à un diable
s'accroche à ses chausses. Quel insensé, pourquoi ne s'arrêt-il pas, la
morsure du lynx ne semble même pas le retenir. Le Bateleur sait que
"porter les chausses" signifie "avoir l'autorité dans le ménage"
et que "y laisser ses chausses" c'est "périr" et enfin
"tirer ses chausses" signifie aussi "échapper"... Ce Fou n'a
donc plus aucune autorité et ne peut échapper à sa perte.
Son costume
est bariolé et il porte un turban démesuré de couleur rouge, vert,
blanc et jaune. Un rouge couleur de feu, comme son bâton qu'il
tient négligemment. Il est évident qu'il ne lui sert pas d'appui et encore
moins à sonder le sol comme l'Ermite. Il poursuit sa route les yeux
exubérants perdus dans le vague et ne semble pas savoir où il se
dirige. Il a l'air possédé et mené par des impulsions irraisonnées.
Comment peut-on être sensé en se traînant vêtu comme un vulgaire arlequin,
le caleçon pendant et découvrant se qu'il devrait cacher ? et le comble !
Il porte une ceinture en or qui jure avec la misère de son
accoutrement ridicule.
Le Bateleur,
enfant du Cosmos n'est plus dupe de son importance. Que fait donc ce
Fou entre le commencement et la fin, entre le Bateleur et le Monde. Et
quelle importance a-il puisqu'il n'est rien ? Puisqu'il s'oppose au
Tout-Un ? Cela dépasse la compréhension du Bateleur. Tout à coup il se
sent vide, absurde... Lui qui avait tout dans les mains, lui jeune, habile
et conscient a parcouru le monde à en perdre haleine pour se retrouver là,
face à son ombre exubérante et narquoise. Suis je devenu fou ? Où
m'entraînes-tu Arlequin ? Est-ce une farce ? Mon éducation me déconseille
de suivre un insensé.
Tu as raison
Bateleur, ne me suis pas car je t'emmènerai à ta perte. Tu as
vu juste, je suis un insensé contraint de marcher sans m'arrêter car ma
course n'a ni but ni objectif et se poursuit indéfiniment en pure perte.
Mais n'oublies pas que le fou peut aider le sage. L'aider à ne pas
sombrer dans la folie qui est la mienne. Je suis là bien réel pour te
mettre en garde contre la divagation qui guette l'esprit dès qu'il prétend
dépasser les limites du réel dont le Bateleur et le Monde, I et XXI,
Aleph et Tau marquent le commencement et la fin. Tu es devenu sage petit
Bateleur, mais tu ne saurait être dupe des mots. Cherches le fou qui en
toi et prend conscience du vide de l'étroite personnalité humaine.
Elle tient tant de place dans tes pauvres préoccupations. Apprend que
tu n'es rien.
....Je suis le
fou qui est en toi... L'irrationnel... Je suis le néant d'où tu
viens et où tu dois retourner. Je suis l'au delà de toi-même, de ce
qui t'es inintelligible. Je suis ton infiniment petit tout en étant ton
infiniment grand. Tu es le relatif, je suis ton absolu. Je
t'enveloppe. N'oublie pas que tu viens du néant... Le un vient de zéro
donc de rien. Tu es le principe et moi je suis le principe des autres
principes. Ca t'épate hein ? Je suis l'alun des alchimistes, le sel,
principe des autres sels.
De
rien, de zéro, de la nuit, du vide, de l'infini surgit le TOUT UN, le UN,
le jour, la matière, le fini
Si par toi
tout doit commencer petit Bateleur, tu n'es rien sans moi et aussi absurde
que cela peut paraître je suis l'être non être qui te permet d'être? Je
suis ZERO qui permet le UN, si tu préfère je suis partout, je suis dans
tout, je suis TOUT, je suis toi, je suis l'atome, je suis Dieu et je ne
suis rien. O + 1 = 1, je suis le seul nombre qui rajouté à n'importe
quel autre nombre ne le change pas. Tu reste 1 si je m'ajoute à toi parce
que je fais partie de toi. Je suis ta nullité.
Relations
astronomiques :
le Fou est en relation avec
la constellation de Céphée
Numérologie :
Un est le
symbole du DIEU CREATEUR
Lettre
hébraïque : Aleph est le principe fondamental
de toutes les lettres. Nom divin Ehjeh ou l'être divin.
Dans une certaine mesure toutes les lettres procèdent de l'Aleph.
Le Fou
c'est le Néant d'où nous venons
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